Crime d’honneur, lauréat du Prix Relay 2013
Elif-Shafakcrop

Et la gagnante du Prix Relay 2013 est… Elif Shafak. Avec Crime d’honneur, cette auteure turque qui se définit comme « une nomade » signe un roman profond, dans la lignée de son œuvre. Retour sur un succès.

Le parcours d’une famille d’immigrants turcs dans le Londres des années 70. C’est ce que raconte Elif Shafak dans Crime d’honneur, lauréat du Prix Relay des voyageurs. Ce roman entraîne le lecteur dans différents lieux et époques (Londres, Istanbul…) avec une réflexion sur les traditions, le rapport aux autres, le racisme…
Le jury de professionnels a voté pour cet ouvrage à l’unanimité. C’est ce qu’a indiqué le président du jury François Marie lors de la remise des prix. Les membres du jury, constitué de cinq écrivains et journalistes (Patrick Poivre d’Arvor, Tahar Ben Jelloun…) et cinq professionnels du voyage se tenaient sur les marches du jardin de la Maison de l’Amérique latine. C’est dans ce lieu situé boulevard Saint-Germain à Paris que le prix a été remis ce 20 juin. Daniel Arsand, des éditions Phébus, a pris la parole pour Elif Shafak. L’écrivain qui habite à Londres n’avait pas pu être présente.

Nomade féministe

Il a souligné les talents de conteuse de cette auteur. Il a également rappelé qu’elle est très reconnue en Turquie, où c’est la deuxième auteure la plus réputée derrière Ohran Pahmuk. Pourtant elle est très mal vue du pouvoir, notamment car elle évoque le génocide arménien dans son roman La bâtarde d’Istanbul. Ce dernier lui a valu de comparaître devant les tribunaux, et elle a failli être condamnée pour « insulte à l’identité nationale » turque. Ce roman fait se rencontrer deux familles, des Turcs d’Istanbul et des Arméniens immigrés. Inévitablement deux personnages tombent amoureux, l’occasion pour Elif Shafak de s’interroger sur leur identité.
Ses autres romans abordent ce thème du rapport à soi et aux autres, mais aussi celui de la dépression postnatale, qu’elle a elle-même vécu (Lait noir). Cette auteur qui se revendique féministe nous avait déclaré dans une interview se « considérer comme une nomade ». Fille de diplomates, elle est née à Strasbourg en 1971. Ses parents se séparent, et elle suit sa mère à Madrid. Elle affirme alors vivre comme une enfant un peu à part : « J’étais la seule Turque », élevée d’autant plus par une femme seule, ce qui est peu courant à l’époque. Elle vit aujourd’hui à Londres, même si elle est tout sauf sédentaire : « Durant toute la vie j’ai voyagé de ville en ville. Cela a influencé la façon dont je vois les choses ». Un bel hommage à l’idée de voyage lié à ce prix Relay des voyageurs.

Tous types de voyages

Trois autres auteurs concouraient pour ce prix, après avoir été sélectionnés par les jurys grand public. Jean-Philippe Blondel, avec 06h41 a raconté l’histoire de deux anciens amants qui se retrouvent par hasard dans un train entre Troyes et Paris. Catherine Cusset se penche dans Indigo sur le voyage initiatique de quatre Occidentaux dans une Inde inattendue. Enfin Michel Bussi avec Ne lâche pas ma main a signé un polar au rythme soutenu qui se situe à La Réunion. Avec la lauréate Elif Shafak, voici quatre façons de voyager, de découvrir ces différents lieux et atmosphères. Des livres qui devraient permettre aux lecteurs de s’évader et de voyager, même en restant sur place.

Par Victor Nicolas

© Inci Cabi

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